الاثنين، 8 مايو 2017

Par Yezid Skandrani : Bilan de BCE à mi-mandat

L’échec de cette première partie de mandat du président de la république, génère une crise économique majeure dans le pays et cela malgré le soutien de plusieurs institutions financières internationales et d’un grand nombre de pays.

Cette crise résulte de l’absence d’un projet de société clair qui aurait pu porter l’action gouvernementale. Le président de la république a voulu croire, peut-être par facilité, que la nouvelle constitution avait clos la problématique du projet de société qui a resurgi avec le mouvement islamiste. Il aurait souhaité se contenter de la mise en place d’un modèle de développement économique sur le socle d’un consensus libéral partagé avec ces mêmes islamistes.

Sauf qu’il s’avère que chaque option économique et sociale explorée par l’exécutif, nous confronte à notre choix de société. Comment pouvons-nous traiter le déficit commercial avec la Turquie, sans définir la relation stratégique que nous voulons établir avec ce pays? Quel axe de négociation devons-nous suivre dans les négociations sur l’ALECA avec notre principal partenaire Economique, si une partie prenante de ce consensus souhaite extraire la Tunisie à sa zone d’influence? Quelle orientation donner à notre enseignement et à notre recherche scientifique si nous n’avons pas convenu des deux points précédents?

Les gouvernements constitués après les élections de 2014, ont été investis avec cet handicap majeur, l’absence d’un projet de société clair porté par une majorité hétéroclite ne leur a pas permis de rétablir la confiance avec les citoyens, de recouvrir une stabilité sociale et de relancer l’économie du pays. Le gouvernement actuel veut faire porter la responsabilité sur l’organisation de l’état, qu’il juge sclérosé en raison d’une administration qu’il qualifie d’ottomane, car après avoir échoué à attirer les investisseurs étrangers, malgré un nouveau code d’investissement allant jusqu’à introduire une distinction juridique entre l’investisseur local de l’investisseur étranger, on se réfugie derrière un projet de loi d’urgence économique afin de s’extraire aux procédures administratives usuelles. Des procédures conformes à tout état de droit qui se protège des éventuels dérapages et abus.

Ce projet de la loi qu’on présente comme le nouveau remède miracle pour sauver la Tunisie ne prévoit aucun plan de relance pour le tissus des PME et des PMI qui a souffert de la dégradation de la situation sécuritaire, de la dégradation des conditions d’accès aux financements et de sa prise en otage par une économie informelle en pleine expansion. Il n’a pas pour objectif non plus de rétablir un climat de confiance et de redonner une volonté d’investissement et d’entreprise aux tunisiens. Ce projet de loi a tout juste pour objectif une relance Keynésienne avec le lancement de quelques grands projets et la cession d’entreprises nationales promises. S’il permettra de réaliser une croissance de quelques points, ce plan nous conduira surtout vers un accroissement de l’inflation.

L’échec de cette première partie du mandat présidentiel touche également à plusieurs leviers de l’état. Le rétablissement de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, n’ont pu se mettre en place qu’après une série d’attaques terroristes qui ont faillit plonger le pays dans un gouffre. Nous avons entre-temps tergiversé sur les causes, en voulant imputer la responsabilité à la république de l’indépendance. Il en est de même pour la diplomatie, domaine de prédilection du président de la république, qui s’est restreinte à une opération de chasse gardée des principales ambassades aux proches collaborateurs, sans penser à revoir le déploiement en moyen et en organisation de notre diplomatie pour la mettre au diapason des changements que connaît le monde.

Comment cela aurait-il été possible, si le président de la république ne dispose d’aucun message distinct à délivrer au nouveau monde qui se dessine devant nous? En lieu et place, nous avons laissé la place à une diplomatie de la mendicité, pensant qu’à la sortie des élections de 2014 un plan Marshall serait mis en œuvre pour la Tunisie.

Il était pourtant simple de se souvenir que l’objectif du plan Marshall à la sortie de la WWII était de protéger le modèle de société en Europe, alors que nous n’avons souhaité offrir qu’un consensus.

Si nous voulons sortir la Tunisie de la situation chaotique dans laquelle elle a été plongée au cours de ces dernières années, nous allons devoir exprimer clairement le projet de société que nous souhaitons léguer aux générations futures et mettre en œuvre les moyens nécessaires à sa réalisation.

C’est alors que nous retrouvons l’engagement nécessaire auprès des tunisiens et le soutien nécessaire à sa réalisation auprès de nos partenaires.

Yezid Skandrani

Président du Mouvement de indépendance Tunisienne

Cet article Par Yezid Skandrani : Bilan de BCE à mi-mandat est apparu en premier sur Actualites en Tunisie et dans le monde sur Tunisie Numerique.



from Actualites en Tunisie et dans le monde sur Tunisie Numerique http://ift.tt/2pdcrOB

0 التعليقات:

إرسال تعليق