الأربعاء، 10 مايو 2017

Tunisie : Discours de Béji Caid Essebsi ou quand la montagne accouche d’une souris !!

 

Le discours tant attendu, et tant redouté du reste, du président de la république a surprise beaucoup plus par sa platitude que par sa fulgurance. Ordinaires et sans éclat, les propos de Béji Caid Essebsi (BCE) n’ont surpris ni interpellé personne. Le cuistot de Carthage n’a servi qu’une salade tunisienne réchauffée alors que les fins gourmets se promettaient de savourer un plat de haute facture, mijoté par un cordon bleu. Ils restent sur leur faim, rien à se mettre sous la dent et c’est le cas de le dire. Les mêmes ingrédients, les mêmes condiments, pour, au final, remettre sur la table le même repas insipide dont les tunisiens ont marre de goûter la sauce. Le chef de l’Etat n’a fait que reprendre le vieux catalogue des maux de la Tunisie dont personne n’ignore les axes et les enjeux et recracher des professions de foi dont les oreilles tunisiennes ont été longtemps rebattues. Un vrai cache-misère !!

Aurait-on besoin d’un discours, annoncé en grandes pompes comme charnière, pour restructurer le ministère de l’intérieur ou charger la force militaire de protéger les sites sensibles ?! Loin s’en faut ! Ces deux mesures phares, si phare il y a, annoncées par BCE, ne sont pas à la hauteur ni de l’évènement ni de l’attente, tant si bien que le président soit en droit d’en lancer le processus, dans la mesure où il s’agirait là d’ingérence dans les compétences exclusives du chef du gouvernement et d’initiative législative requérant la promulgation de lois. BCE est allé trop vite et trop loin en besogne. L’opinion publique, suspendue aux lèvres présidentielles, buvant religieusement ses paroles, en est sortie frustrée, presque remontée contre la coquille vide que le président a voulu élever au rang de discours historique et fondateur. Rien de bien particulier ou de bien percutant à signaler.

Les constats de crise, de contrainte, de menace et d’incapacité n’ont rien de nouveau. Il en est de même au sujet de la position de BCE sur les élections anticipées, sur le gouvernement d’union nationale ou sur le Pacte de Carthage. C’est un message, fort et direct, d’appui à l’adresse de Youssef Chahed et de son gouvernement, notamment après les rumeurs pressantes de remaniement ayant précédé le discours. Par contre le ton, plutôt virulent, à la limite provocateur, qu’il a employé concernant les mouvements sociaux et les régions en agitation, ne sied guère au contexte et ne brille pas par son tact e. Ce qui pourrait être perçu comme une nouvelle épreuve de force, un défi de nature à souffler davantage sur les foyers de tension et les facteurs de pression.

Discours de vérité ou de crise ?!

BCE a fait un point de la situation beaucoup plus qu’il a ouvert des perspectives. Les réponses attendues ont été éludées. Il a tenu certes des propos de vérité, mais une vérité rabâchée, ressassée, dont tout le monde connait la gravité au moindre détail. La vérité sur le climat social national n’a donc pas besoin de discours tant il est tangible et vécu douloureusement dans la chair. La précarité s’exprime d’elle-même, il suffit d’un regard pour tout saisir. Dans la même occurrence, il ne s’agit pas d’un discours de crise car celle-ci sévit depuis plus de six ans et, à ce titre, tous les discours présidentiel prononcés, durant cette période, seraient assimilés à des discours de crise. Ce genre de qualification d’un discours se justifie quand la crise fulgure au dépourvu, déflagre de manière impromptue et non quand elle dure depuis longtemps et pourrit la société et la vie de la population depuis de longues et non moins pénibles années.

En conclusion, le discours de BCE reste ordinaire, figé dans les mêmes sentiers battus, sans annonces fracassantes ni réponses pertinentes. Juste des effets d’annonce et des grands écarts. Un discours taillé sur lui beaucoup plus qu’adressé au peuple. De toute évidence, BCE a voulu marquer son périmètre et matraquer qu’il est présent, bien présent, et qu’il est dans son rôle et dans sa fonction, d’autant plus que depuis quelque temps il est critiqué sur son inaction sinon sa léthargie. En un mot, et pour paraphraser Jules César, BCE ” est venu, a vu mais n’a pas vaincu….ni convaincu d’ailleurs”.

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