L’expert auprès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Abdeljelil Bedoui a annoncé dans une déclaration à Tunisienumérique, mardi 09 mai 2017, avoir refusé le poste de ministre conseiller chargé du dossier social, proposé par le chef du gouvernent d’union national Youssef Chahed.
Il a souligné avoir décliné cette offre bien qu’il ait trouvé une grande disponibilité auprès de Youssef Chahed de traiter les dossiers complexes et brûlants, assurant que les conditions n’étaient pas réunis pour qu’on puisse apporter un plus et l’aider à surmonter ces problèmes.
Pour Abdeljelil Bedoui, trois raisons expliquent cette situation : d’abord le gouvernement est entrain de traiter une situation exceptionnelle avec des instruments ordinaires notamment au niveau de trois dossiers fondamentaux qui causent des difficultés énormes à l’économie tunisienne.
Il a cité le dossier de la corruption et l’existence des hors-la-loi, de lobbies, de mafias et des personnes disposant de fortunes énormes venant de l’étranger et que l’on ne peut pas combattre pas des procédures et des dispositions ordinaires bien qu’il affirme avoir soulevé l’appréhension qu’on puisse transgresser les libertés.
A cet effet, il a affirmé avoir cité l’exemple de l’Italie, un pays démocratique qui, lorsqu’il a décidé de combattre la mafia, n’a pas emprunté des voies transgressant les libertés mais a choisi de prendre des dispositions exceptionnelles, appelant à suivre cette expérience.
En ce qui concerne le déficit commercial, il a indiqué qu’il s’accroit, soulignant avoir pensé que le recul du dinar allait réduire le déficit car la baisse du dinar doit générer une augmentation du coût des importations et une baisse des coûts des exportations, selon le principe libéral de la loi du marché et donc aboutir à une réduction du déficit de la balance commerciale.
Il a affirmé avoir dit au chef du gouvernement que cela ne s’est pas produit, soulignant que depuis 2011, la valeur du dinar ne cesse de s’effondrer et en contrepartie le déficit de la balance commerciale se creuse.
De ce fait, il a appelé à la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles conformément aux usages dans le monde et aux accords internationaux. Que se soit les conventions dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou les accords avec l’Union européenne (UE) et autres, a-t-il précisé.
Il a souligné l’existence de clauses de sauvegarde auquel on a recours lorsque le pays est en difficultés concernant les équilibre extérieurs , et qui adopte des dispositions de protection exceptionnelles que se soit l’interdiction d’entrée de certains produits ou l’imposition de taxes douanières particulières en entendant l’amélioration de la balance commerciale.
Selon lui à brève échéance on ne peut pas compter sur la promotion des exportations, assurant que le mieux serait de ne pas limiter les importations mais tenter de remédier à la balance commerciale par inciter à promouvoir les exportations mais cela demande du temps de faire pression sur les coûts pour améliorer la compétitivité des exportations.
Il a signalé que cela demande aussi de diversifier les marchés pour les produits d’exportation, reconnaissant, toutefois, que cela demande du temps alors que la situation actuelle du pays ne permet pas davantage de perte de temps d’où la nécessité de faire pression sur les importations tout en tentant, en parallèle, de développer les exportations.
Le dernier dossier qu’il a évoqué avec le chef du gouvernement est celui des investissements publics, affirmant avoir indiqué que dans une conjoncture marquée par le recul des investissements privés, il aurait fallu que les allocations destinées à l’investissement public soient augmentée en veillant notamment à l’augmentation de la réalisation de ces investissements.
Il a indiqué avoir dit qu’en seconde partie, même s’il existe une situation exceptionnelle, il doit avoir un instrument d’exécution c’est-à-dire l’administration publique dont le rendement actuellement est très faible d’où la nécessité de quelques réformes pour l’habiliter à s’acquitter de son rôle et mettre en œuvre ces meures exceptionnelles avec une certaine efficacité.
Autre grief qu’il a porté à la connaissance de Youssef Chahed est relatif à l’inexistence d’un relais pour le gouvernement au sein de l’administration, chargé de faire connaître ses programmes , ses choix, ses mécanismes et sa politique auprès du public de manière à interagir avec les citoyens pour connaître leurs attentes et espoirs, c’est-à-dire le feed-back.
Même les partis qui soutiennent le gouvernement ne sont pas présents sur la scène , a-t-il déploré, soulignant qu’on ne les voit que sur les plateaux de télévision se chamailler lorsqu’il y a des postes de responsabilités à pourvoir pour se partager le gâteau alors qu’ils sont absents de la scène , ne soutiennent pas le gouvernement ni ne font la promotion de son programme.
Selon lui ces partis n’agissent pas pour apaiser les citoyens et les rassurer afin de les inciter à adhérer aux mesures gouvernement et être confiant dans l’avenir.
Il a affirmé avoir indiqué à Yousef Chahed que dans ces conditions, il était difficile pour quelqu’un d’apporter une plus-value à l’action du gouvernement.
Il a souligné que c’est un fait que le gouvernement a besoin d’une trêve sociale mais cette trêve sociale ne peut-être réalisé que si des conditions rassurantes soient réunies pour les partenaires sociaux, des conditions qui laissent prévoir des horizons clairs, un avenir lisible et visible ainsi que des perspectives qui seront meilleurs que ce qui existent maintenant.
Cette situation pourrait amener les partenaires sociaux à adhérer à cette trêve en étant rassuré sur l’avenir, a-t-il dit, reconnaissant, toutefois que la vision n’est pas claire et la volonté politique n’est pas convaincante tout comme la ceinture protectrice qui devrait soutenir le gouvernement est truffée de doute.
Un parti politique au pouvoir qui faiblit et entrain de se désagréger, par là il existe un parti allié dont les positions sont troubles et pas constantes parfois pour et parfois contre, ailleurs se sont des partis signataires de l’accord de Carthage qui sont devenus des opposants au gouvernement.
Bedoui a indiqué que cette situation ne rassure pas sur le fait que le gouvernement soit capable de faire face et d’avoir une volonté politique car il ne suffit pas d’avoir de la volonté et de bonnes intentions, il faut que le soutien des partis soit effectif et les positions constantes et sur le terrain.
Il a fustigé le fait que «des partis avant les élections ouvrent des boutiques et après les élections les ferment et on ne les voit plus».
Il a estimé que le problème n’est un problème de gouvernement ou de personnes mais le problème concerne les mesures et plans pratiques.
Si les politiques restent rien ne changera. Il s’agit d’un problème de choix de politique et de ceinture de protection et de soutien non pas par les paroles mais les actes aussi.
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